Cartes nationales d’identité camerounaise: un réseau de fabrication démantelé au Nigeria

Les services spéciaux de ce pays viennent de mettre la main sur trois ex-employés de Thalès spécialisés dans la confection de faux documents d’identité camerounaise

Dans le cadre de la lutte contre Boko Haram, un pôle informatique vient d’être découvert par les services spéciaux nigérians. Selon «The Alpha», un hebdomadaire proche des nouveaux hommes d’Abuja, c’est à Kari, au nord?est du pays que trois Camerounais ont établi une structure clandestine de fabrication de faux documents d’identité. Marc Mbollo, le «chef» de cette unité, et deux de ses collaborateurs ont été interpelés le 06 juillet 2015 après une filature de cinq semaines.

Actuellement en exploitation dans la capitale nigériane, les trois faussaires sont tous des ex?employés de Thalès Security System. A en croire Alpha, c’est au détour d’une enquête portant sur l’assassinat de l’un des nombreux sosies d’Abubakar Shékau que les agents de renseignements nigérians se sont intéressés au cas de Marc Mbollo et ses compères.

«C’est dans la demeure d’un dignitaire de Kari, écrit le journal nigérian, que le trio mis son savoir?faire acquis auprès de Thalès Security System Cameroon, une société française venue au Cameroun en 2012 dans le cadre d’un contrat portant la sécurisation de la nationalité» camerounaise.»

L’on apprend également que les services spéciaux nigérians ont recueilli un certain nombre d’indices significatifs sur les personnalités et les fréquentations de la bande. «Marc Mbollo et ses hommes de main étaient constamment en contact avec des commerçants exerçant à Buea et à Mora aux fins d’écoulement des cartes d’identités contrefaites au Cameroun», révèle Alpha. Des aveux obtenus par les enquêteurs, c’est dans cette unité qu’ont été fabriquées un peu plus de 60 000 fausses cartes nationales d’identité et cartes de séjour camerounaises.

Spectre de Thalès On la croyait partie après la rupture officielle de son contrat avec l’État camerounais en décembre 2014. Thalès Security System n’est pas allée loin. «C’est le cas de le dire sans hésitation», affirme un commissaire de police en service à Yaoundé. D’après le flic, «c’est bel et bien en date du 31 décembre que la Délégation générale à la Sûreté nationale (DGSN) avait notifié à Thalès la décision de l’État du Cameroun de rompre le contrat Senac les liant.»

Journal du Cameroun

Related posts